23/01/2024
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Vente en vrac : comment la mettre en place ?

La vente en vrac est une pratique vertueuse et responsable se développant progressivement dans un objectif zéro déchet. Les magasins bio, les boutiques spécialisées, et désormais les supermarchés, aménagent des zones de libre-service où les clients peuvent se servir en graines, en fruits secs ou encore en biscuits sans aucun emballage. Les clients, mus par des préoccupations environnementales, se tournent vers ce mode de consommation. Logistique, hygiène et communication : découvrez les étapes pour mettre en place dans votre commerce cette offre.

Pourquoi proposer la vente en vrac dans votre commerce ?

Voici 6 bonnes raisons de franchir le cap.

  • Contribuez à préserver l’environnement en limitant les déchets d’emballage et à améliorer le bilan carbone en tant que commerçant mais aussi celui de vos clients. C’est un enjeu clé. La production de déchets d’emballage est estimée à près de 200 kg par Français et par an selon Eurostat. 
  • Permettez à vos clients d’acheter leurs produits dans les quantités dont ils ont besoin. Comme vous en tant que commerçant, les consommateurs ont à cœur d’éviter le gaspillage alimentaire. Cette offre, où les clients maîtrisent les quantités qu’ils achètent, est une pratique vertueuse à cet égard. Au-delà de l’aspect éco-responsable, maîtriser les quantités permet aussi aux consommateurs de mieux gérer leurs dépenses.
  • Bénéficiez d’une baisse des coûts, pour vous et pour vos clients. Quand vous achetez en vrac, vous économisez sur le coût de l’emballage des produits. En répercutant ces économies sur vos prix de vente, vous gagnez un avantage concurrentiel.
  • Captez une nouvelle clientèle. Ce mode de vente, pour ses vertus éco-responsables, a vocation à séduire un public de plus en plus large. Les générations à venir, d’autant plus concernées, sont de futurs clients que vous captez d’ores et déjà.
  • Améliorez votre image de marque. Ce dispositif véhicule l’image d’un commerce moderne et responsable sur le plan environnemental. 
  • Anticipez les changements de mœurs des consommateurs encouragés par la législation. Selon un rapport 2022 du Ministère de la Transition écologique, la vente en vrac est pratiquée via 3 circuits de distribution, commerces physiques et boutiques en ligne confondus : 50 % du chiffre d’affaires est réalisé par les magasins bio, 45 % par les grandes surfaces et 5 % par les magasins dédiés à la vente en vrac. Ce mode de consommation se généralise même au niveau des commerces de plus grande distribution. La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 prévoit, d’ailleurs à l’horizon 2030, l’obligation pour les supermarchés de plus de 400 m2 d’aménager au moins 20 % de surface commerciale pour la vente en vrac. 

Vous êtes prêt à vous lancer ? Suivez nos conseils pour mettre en place cette offre. 

1ère étape : définissez les produits que vous pouvez vendre en vrac

Un décret du 30 août 2023 liste les produits dont la vente en libre-service sans emballage est interdite ou autorisée sous conditions, pour des raisons de santé publique. 

Listez les produits autorisés à la vente en vrac

Quatre catégories de produits sont concernées :
•    Les produits alimentaires frais : fruits, légumes…
•    Les produits alimentaires d’épicerie sucrée et salée : fruits secs, céréales, pâtes, riz, huile, sucre, café…
•    Les produits d’hygiène et d’entretien : lessive, shampoing, savon…
•    Les aliments pour animaux.

A noter, certains produits peuvent être vendus en vrac, uniquement s’ils sont conditionnés par un employé du magasin ou via un dispositif qui garantit l’intégrité du produit. Il s’agit notamment des denrées rapidement périssables telles que la viande, le poisson ou encore le fromage. Des cosmétiques et des produits d’hygiène sont également concernés : l’essuie-tout et les couches pour bébé à usage unique, par exemple.

Encadré : La vente en libre-service sans emballage de certains produits est strictement interdite dans un enjeu de sécurité sanitaire comme les laits traités thermiquement, les produits surgelés, les compléments alimentaires ou encore les piles.

Identifiez les marques et vos fournisseurs

Tous vos fournisseurs actuels ne pratiquent pas nécessairement la vente en vrac. Vous devez donc réalisez un travail préalable pour sourcer vos partenaires commerciaux. Grossistes, marques d’agroalimentaire et producteurs locaux, bio ou non : sollicitez les tarifs et les conditions de vente auprès d’un maximum de fournisseurs potentiels.

Visiter des salons professionnels, spécialisés ou non dans ce secteur, facilite vos recherches et accélère les prises de contact. Vous y rencontrez directement vos interlocuteurs, vous pouvez en outre goûter des produits. La prochaine édition du Salon du vrac et du réemploi, notamment, se tient le 26 et le 27 mai 2024 à Paris.

2e étape : aménagez votre espace de vente en vrac

Quelques aménagements sont requis dans votre local commercial. Pour vendre en vrac, vous devez présenter les produits dans des équipements adaptés.
•    Les distributeurs de type silos – en plastique ou en carton – sont souvent utilisés pour les produits d’épicerie de petite taille tels que les fruits secs et le café.
•    Pour les produits en poudre qui s’écoulent rapidement, tels que la farine, ou les produits qui ne passent pas dans les silos, tels que les pâtes, les bacs avec couvercle et ustensile de service sont mieux adaptés.
•    Les fontaines sont appropriées pour la vente de produits liquides – vinaigre, boissons, produits d’entretien…

Pour choisir vos équipements nécessaires à l’espace de vente en vrac, ayez à l’esprit votre enjeu anti-gaspillage. Certains dispositifs de libre-service, à déversement progressif, limitent le risque pour vos clients de faire tomber les produits choisis aux alentours de la fontaine, du silo, etc.

Pensez bien à équiper l’espace d’une balance pour permettre aux clients de mesurer la quantité de produit servie, d’avoir le poids souhaité mais aussi avec l’étiquette pour le passage en caisse.

Enfin sur votre lieu de vente, vous pouvez également proposer pour des produits frais : un dispositif de service assisté. Par exemple, les rayons boucherie et charcuterie d’un supermarché constituent de la vente en vrac en service assisté.


A savoir : Distributeurs, bacs, fontaines ou encore balances : ces équipements ont un coût. Ce sont cependant des investissements indispensables pour faire de la vente en vrac. Si vous ne disposez pas des fonds suffisants, vous pouvez financer ces dépenses via un prêt professionnel. Votre banque est d’autant plus encline à vous accorder un crédit dans le cadre d’une démarche éco-responsable.

3e étape : choisissez les conditionnements des produits en vrac

La notion de vente en vrac est très encadrée juridiquement. Elle est inscrite à l’article L120-1 du Code de la consommation. Il s’agit de « vente au consommateur de produits présentés sans emballage, en quantité choisie par le consommateur, dans des contenants réemployables ou réutilisables ». Pour le conditionnement de ces produits, vous avez plusieurs possibilités :
•    Vous fournissez les contenants : des sachets en papier kraft, par exemple, réutilisables au sens de la loi.
•    Vous encouragez votre clientèle à apporter ses propres contenants, en proposant éventuellement, en contrepartie, les produits à prix réduit.
•    Vous vendez sur place des contenants réemployables : bocaux et bouteilles en verre, notamment.

4e étape : veillez à l’application de la réglementation sanitaire

Pour mettre en place ce mode de vente, il faut relever un défi logistique et réglementaire majeur : la sécurité sanitaire. Le respect des règles fondamentales en matière d’hygiène est de rigueur. Vous devez former vos équipes aux bonnes pratiques suivantes :

  • Vous avez l’obligation d’afficher des informations à propos des mesures d’hygiène à respecter par les clients en cas d’usage de leurs propres sacs, bocaux, etc. Vous pouvez refuser l’emballage réutilisable s’il est sale ou inadapté au produit à conditionner. 
  • Les silos, les bacs et les fontaines dans lesquels les produits sont présentés en vrac doivent impérativement être nettoyés à chaque changement de lot. Au-delà de l’enjeu d’hygiène, c’est une mesure qui permet de tracer les différents lots.
  • Pour maintenir l’hygiène générale du magasin, vous veillez au nettoyage régulier et renforcé de la zone de libre-service de ces produits sans emballage. Les clients risquent d’en déverser aux alentours.
  • Lorsque les produits en vrac sont proposés directement aux clients afin qu’ils se servent de façon autonome, il faut fournir des ustensiles adaptés pour éviter que ces derniers touchent les produits.
  • Il faut être particulièrement attentif au risque de contaminations entre des produits alimentaires et des produits non-alimentaires, mais aussi entre plusieurs produits alimentaires contenant des allergènes.
  • Chaque dispositif de libre-service est étiqueté, pour informer sur la composition des produits, leurs modalités et la durée de conservation.

5e étape : communiquez sur votre démarche éco-responsable

Informer les consommateurs de votre démarche zéro déchet dans vos campagnes de communication est un argument marketing efficace. 

Veillez néanmoins à rassurer le public à propos des prix qui peuvent, en effet, constituer pour certains consommateurs un frein à l’achat en vrac.

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