23/10/2020

Local commercial : 11 conseils pour choisir son local

Premiers pas
Local commercial : 11 conseils pour choisir son local

Ensoleillement, sens de circulation, largeur du trottoir, taille de la vitrine, accès pour les livraisons… Le choix d’un local commercial à louer ou à acheter obéit à une multitude de petits détails auxquels on ne pense pas forcément, mais qui jouent un rôle décisif dans la réussite d’un commerce.

1/ Profitez de l’attractivité commerciale de vos confrères 

Ne considérez pas les autres commerces comme des ennemis. La présence de magasins avec une offre complémentaire à la vôtre ou en adéquation avec votre univers, est utile à l’animation d’une rue ou d’un quartier. « Un chocolatier, un fleuriste ou un tabac, servent souvent de locomotives », indique Laurent Kruch, président du cabinet conseil Territoires et Marketing. Installer votre fonds de commerce à leurs côtés vous permettra de profiter du trafic qu’ils génèrent naturellement.

2/ Choisissez votre local commercial en fonction du flux clients 

Selon les activités, certains emplacements sont mal ou peu adaptés aux habitudes de consommation de la clientèle. « Un restaurateur aura intérêt à privilégier les zones tertiaires de bureaux, avec un flux piétons important à l’heure du déjeuner. À
l’inverse, un maroquinier ou un commerçant dans le prêt-à-porter doit choisir un local professionnel avec un fort taux de passage le samedi après-midi », détaille Grégoire de Laval, du site monlocalcommercial.fr, partenaire de #LancezVous.

3/ Tenez compte du sens de circulation des piétons 

Un panneau de signalisation peut parfois tout changer ! Fabrice Derouet en fait l’expérience tous les jours. Ce gérant d’une épicerie de produits en vrac, Day by Day, a ouvert en septembre 2019, à côté de la gare SNCF de Bois-Colombes. « Je suis situé dans une petite voie à sens unique. Quand ils sortent de la gare, les gens sont quasi obligés d’emprunter cette rue et passent devant mon magasin. »

4/ Optez pour le bon côté du trottoir 

« Un magasin sur le côté ensoleillé d’une rue est toujours plus fréquenté », certifie Laurent Kruch. À l’inverse, un commerce situé sur le même trottoir qu’un lycée peut être déserté à cause de la gêne provoquée par les attroupements de jeunes. Étudiez bien la situation de votre futur fonds de commerce, à différentes heures de la journée, pour évaluer ce genre de paramètres. Mesurez également la largeur de la rue. « Au-delà de 20 mètres, un piéton ne traverse pas », renchérit Grégoire de Laval.

5/ Mettez-vous dans la peau d’un passant 

Jouez au badaud sur le terrain. La taille du trottoir permet-elle le passage d’une poussette ? En cas d’intempéries, des flaques se créent-elles devant la boutique ? Du mobilier urbain parasite-t-il la vue ? Tout ce qui peut dissuader les passants de venir flâner devant votre vitrine doit être pris en compte. Tenez compte des évolutions du quartier. « Renseignez-vous en mairie sur le plan d’urbanisme et sur les droits d’usage des trottoirs. Le stationnement de motos ou l’installation d’une terrasse en été, peuvent obliger les piétons à faire un détour », prévient Laurent Kruch.

6/ Visez grand dès le départ 

« Si j’avais su, j’aurais choisi un local commercial plus grand », raconte Élodie Laveran, créatrice de Sylvette en Goguette, une boutique de bijoux et d’accessoires de mode à Clamart. Victime de son succès, la gérante est, cinq ans après son ouverture, bridée dans son élan de développement. « J’aimerais m’agrandir, mais je ne peux pas tirer les murs ! » Ce regret est commun à nombre de commerçants qui, face à un marché de l’immobilier très tendu pour l’achat de murs commerciaux , sautent sur le premier local venu. Avant de signer le bail commercial ou d’acheter un fonds de commerce, vérifiez que des travaux d’agrandissement pourront, au besoin, être réalisés.

7/ Ne négligez pas la zone de stockage 

C’est important, surtout si vous recevez des marchandises. Dans l’idéal, elle ne doit pas être visible par les clients, et plutôt située au fond du point de vente, avec un accès pour les livraisons. Si elle n’existe pas, vous pouvez la créer. « J’ai monté une cloison pour créer une réserve de 20 m2, car je stocke beaucoup de cartons. Je savais dès le départ que la superficie de mon local – 97 m2 – me permettrait de créer cet espace supplémentaire », témoigne Fabrice Derouet.

8/ Donnez envie, même avec une petite vitrine 

En théorie, le nec plus ultra est un commerce avec 5 mètres de vitrine. « Situé si possible à l’angle de deux rues, pour pouvoir exposer des deux côtés de la chaussée », conseille Grégoire de Laval. En pratique, une petite vitrine de moins de deux mètres peut tout aussi bien faire l’affaire. Pourvu qu’elle soit décorée, renouvelée et donne envie. « Ma vitrine ne fait qu’1,80 mètre, mais je la refais tous les mois. Pour moi, ce n’est pas tant la taille qui compte, mais la façon dont on met en valeur les produits », insiste Élodie Laveran.

9/ Travaux d’aménagement : anticipez sur les mises aux normes 

Attention aux travaux de mises aux normes en matière de sécurité, d’hygiène ou d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Le coût des rénovations peut vite grimper. Si vous êtes dans une zone historique classée, ce qui arrive souvent en centre-ville, renseignez-vous auprès des Bâtiments de France. « Ils imposent des couleurs, pour les portes ou les volets, par exemple. Vous ne pourrez pas faire ce que vous voulez », précise Laurent Kruch.

10/ Projetez-vous dans les murs 

Même petit, voire un peu biscornu, un local peut être totalement optimisé. « J’ai tout de suite vu comment j’allais agencer mes 45 m2. Chaque recoin est exploité, chaque mur est aménagé sans pour autant gêner le parcours clients », raconte Élodie Laveran. Fabrice Derouet a, lui aussi, fait preuve d’imagination quand il a visité son local. « C’est un ancien centre de bronzage, tout en longueur, avec des piliers au milieu. J’y ai installé des étagères en hauteur pour donner du volume. »

11/ Faites une enquête de voisinage en complément de votre étude de marché 

Pour finaliser ce panorama, vous gagnerez à bavarder avec les commerçants du quartier : ils vous fourniront des renseignements sur le type de clientèle, mais aussi sur les anciens occupants de vos murs commerciaux. Pourquoi sont-ils partis, leur affaire tournait-elle correctement ? Pensez aussi à interroger les occupants de l’immeuble, la gardienne ou le facteur avant d’acheter, de louer ou d’investir dans un local commercial.  « C’est le meilleur moyen de savoir tout ce qui se passe et d’identifier les risques de nuisances, qu’ils soient au-dessus de votre tête, à côté ou au-dessous », conclut Laurent Kruch.

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