15/07/2019

Business plan : 10 questions que tous les futurs créateurs d’entreprise se posent

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Business plan : 10 questions que tous les futurs créateurs d’entreprise se posent
Tout le monde en parle, mais qui sait réellement à quoi sert un business plan, ce qu’il contient, comment on le rédige ? Voilà tout ce que vous devez savoir et que vous n’avez peut-être jamais osé demander avant de réaliser un business plan

Objet de tous les a priori et sujet d’une littérature abondante, le business plan fait souvent peur aux  créateurs d’entreprises. D’abord parce qu’il contient des  prévisions financières  pas toujours faciles à appréhender, ensuite parce qu’il impose de prendre la plume et de formaliser ses idées par écrit. Pas évident pour tout le monde ! Considéré comme un exercice fastidieux, formel, parfois douloureux, il est au mieux fait à la vite, au pire totalement délaissé. Et pourtant, la réalisation de ce document – allié de tous les jours – n’a rien d’insurmontable. Il suffit de suivre quelques règles de base.

D’abord,  le business plan aide le créateur  à construire son projet, à vérifier sa faisabilité et à le mettre sur les bons rails. ll permet de mettre à plat le projet et d’avoir une démarche et une stratégie réfléchiesq>, explique Margaux Derhy, membre de l’Institut Jean-Baptiste Say et fondatrice de La Petite Étoile  (accompagnement dans la réussite d’un projet entrepreneurial).

Ensuite,  le plan d’affaires  (c’est le petit nom du business plan en français) sert à  convaincre les partenaires bancaires ou les investisseurs. Dès que vous voudrez participer à un concours,  effectuer une demande de prêt , lever des fonds, négocier avec un gros client… on vous en demandera un.

Oui et re-oui ! Comme évoqué, le business plan sert de boussole au créateur. Cependant, si vous lancez un commerce de proximité ou une petite activité de services, inutile d’en faire trop. Une version allégée vous permettant d’y voir clair dans votre projet et présentant vos prévisions financières sera suffisante. L’élaboration d’un business plan détaillé est en revanche obligatoire pour les start-up, surtout si elles veulent concourir pour obtenir des prix ou lever des fonds, précise Margaux Derhy.

Un business plan est composé de deux parties distinctes :

  • une partie rédactionnelle
  • une partie chiffrée avec des tableaux.

Sur la forme de votre business plan, un seul impératif : faire simple et efficace. :

  • limitez-vous à 30 ou 40 pages (annexes comprises),
  • aérez les paragraphes (pas plus de 10 lignes),
  • gardez des marges honnêtes,
  • n’utilisez que 2 polices différentes,
  • détachez les titres et sous-titres (gras, italiques…).

Pensez à vos lecteurs, souvent submergés et pressés, et n’hésitez pas à mettre en exergue les passages importants et à faire un mini sommaire. Cela facilitera une première lecture en diagonale ou la recherche d’informations spécifiques.

Il faut ici démontrer la pertinence du projet et détailler sa valeur ajoutée. Partez du principe que vous allez raconter une belle histoire. Commencez par vous présenter et expliquez comment vous est venue l’idée de votre projet. Entrez ensuite dans le vif du sujet. Les éléments de l’étude de marché  que vous avez réalisée en amont doivent être repris et surtout analysés.

Lors de la rédaction de votre business plan, prévoyez un paragraphe sur :

  • le marché,
  • votre offre,
  • la concurrence,
  • la clientèle,
  • le mode de distribution,
  • votre valeur ajoutée,
  • les actions prévues à moyen et long terme (commerciales, développement produit, marketing…)

Construisez votre démarche avec des arguments pertinents, qui vont droit au but.

Les porteurs de projet doivent insister sur le caractère différenciant de leur produit, ce qu’il apporte de novateur pour le client, conseille Évelyne Scuto-Gaillard, directrice du développement et Support Innovation chez BpiFrance.

Voilà la partie tant redoutée ! Pas de pression, vous ajusterez vos prévisions au fil du temps. Les partenaires financiers le savent : Ils cherchent surtout à savoir si l’ensemble du projet est “financièrement” cohérent. Pour le leur prouver, vous réaliserez 4 tableaux prévisionnels :

  • Le plan de financement initial : Il indique de combien d’argent vous devez disposer pour vous lancer et d’où cet argent provient. On y retrouve les investissements de départ, les fonds que vous apportez, les emprunts… Il se présente sous la forme d’un tableau à 2 colonnes : d’un côté les ressources (l’argent que vous, ou d’autres, amenez), de l’autre, les emplois ou besoins (comment sera utilisé cet argent).
  • Le compte de résultat : Ce tableau recense les recettes (chiffre d’affaires issu des ventes) et les charges fixes de l’entreprise (loyers, communication, salaires…) sur une période de trois ans. La différence entre les deux colonnes permet de vérifier que le chiffre d’affaires prévisionnel est suffisant pour couvrir l’ensemble des dépenses prévisionnelles.
  • Le plan de trésorerie : Il permet de savoir si vous aurez suffisamment d’argent pour vivre le temps que vos clients vous paient. Ce tableau à double entrée, avec d’un côté les encaissements, de l’autre les décaissements, est à remplir mois par mois.
  • Le plan de financement à trois ans : C’est une projection vers le futur. Il recense avec anticipation tous les besoins durables nouveaux et toutes les ressources financières nouvelles qui vont apparaître au fur et à mesure de l’évolution de votre entreprise.

Oui et non ! Oui, parce que vous devez connaître vos chiffres, vos prévisions, les défendre, les expliquer, et savoir où vous allez. Après tout, c’est vous qui serez amené à présenter le business plan à vos partenaires financiers. Non, car certains aspects du business plan - notamment la partie financière - peuvent vous échapper si vous n’êtes ni matheux, ni financier. Dans ce cas,  n’hésitez pas à vous faire aider  par :

  • un expert-comptable,
  • votre partenaire bancaire
  • un réseau d’accompagnement à la création d’entreprisecomme Initiative France ou BGE.

Tous sont rodés à cet exercice et vous seront d’une aide précieuse.

Il existe des dizaines de sites proposant de  réaliser des business plans en ligne. Gratuits ou payants, ils permettent d’obtenir des tableaux préremplis. L’avantage : la rapidité. L’inconvénient : la fiabilité des données. Si pour des raisons X ou Y, vous faites ce choix, faites a minima vérifier les tableaux par des spécialistes (conseillers dans les CCI ou les réseaux d’accompagnement) et surtout cherchez à comprendre les résultats envoyés.

Le business plan est un outil vivant qu’il faut remanier régulièrement. Une nouvelle subvention, un prix revu à la baisse, l’arrivée au capital d’un associé… A chaque changement, vous devez faire une mise à jour.On dit souvent que lorsque le business plan d’une start-up est bouclé, il est déjà obsolète, explique Olivier Kersalé, responsable du pôle innovation d’Initiative France. Sachez-le, il n’y aura pas une mais plusieurs versions du document.

C’est l’art et la manière de présenter oralement son business plan. Que vous ayez affaire à des partenaires bancaires ou à des investisseurs, voire à des jurys pour obtenir un prêt d’honneur ou pour entrer dans un accélérateur, il faudra être capable de résumer en quelques minutes (3 à en moyenne pour des concours de pitch) votre projet. N’hésitez pas à vous entraîner, montre en main.