18/08/2022

Reprise d’entreprise : évaluer l’affaire sans se tromper

Premiers pas
Reprise d’entreprise : évaluer l’affaire sans se tromper

Vous avez trouvé une entreprise à reprendre qui correspond en tous points à vos attentes et objectifs ? Reste maintenant à l’évaluer pour vérifier qu’elle sera à la fois pérenne et rentable dans le futur.

Etape incontournable de toute reprise d’entreprise, la phase d’évaluation passe par une analyse détaillée de l’entreprise cible. Diagnostics social, juridique, financier… vous aideront à avoir une vision complète de l’affaire afin de pouvoir proposer un prix de rachat au cédant.

Vérifier la santé de l’entreprise à reprendre

Afin de dégager les points forts et les points faibles de l’entreprise, le repreneur doit réaliser plusieurs diagnostics. Pour effectuer ce travail d’analyse, il est indispensable de se faire aider par un expert-comptable ou un juriste spécialisé en cession-transmission. Parmi les points à étudier :

- Le diagnostic des moyens : il suppose de passer en revue les moyens et les outils dont dispose l’entreprise. 
o    L’immobilier : état des locaux, travaux à prévoir, possibilités d’extension, de stockage...
o    L’état du matériel, des installations et des équipements ainsi que leur mode de financement.

- Le diagnostic de l’activité : il permet de voir comment l’entreprise se positionne sur son secteur. 
o    Analyse de la concurrence et de la clientèle. S’agit-il d’un marché en pleine expansion ou vieillissant ? Y a-t-il des risques d’évolutions réglementaires majeures ?
o    Le chiffre d’affaires, son évolution, sa répartition par client et par produit sur plusieurs années. 
o    Les réseaux de distribution, leur performance et leur coût : sont-ils bien adaptés à la clientèle ciblée et aux contraintes de l’entreprise ?

-Le diagnostic financier : il permet de déterminer si l’entreprise est rentable.
o    Examiner les bilans des trois dernières années.
o     Analyser le « point mort prévisionnel », qui correspond au chiffre d’affaires à réaliser pour que l’entreprise équilibre ses charges avec ses profits.
o     Analyser le besoin en fonds de roulement (BFR). Le BFR correspond à l’argent dont l’entreprise doit disposer en permanence pour que l’activité courante puisse être assumée normalement.

- Le diagnostic humain : il prend en compte l’aspect RH de l’entreprise.
o    Les salariés de l’entreprise : quel est leur rôle et le niveau de responsabilités de chacun (ancienneté, parcours, savoir-faire, avantages acquis, etc.).Un bras droit pourra-t-il vous épauler ?

- Le diagnostic juridique : il passe en revue les différents contrats et assurances.

- Les contrats de location et notamment le bail de l’entreprise : sa durée, le montant et les conditions de paiement et de réévaluation du loyer, les obligations contractuelles en matière de travaux.

- Les contrats d’assurances : contrats en cours, sinistres survenus, risques non couverts. 

- Les litiges et procès en cours ou prévisibles, en évaluant leurs conséquences pécuniaires...

Combiner les méthodes d’évaluation

Ces diagnostics permettent d’estimer la valeur de l’entreprise à reprendre. Elle sera différente selon que vous rachetez le fonds de commerce (rachat d’actif sans passif) ou les titres de la société (souvent moins élevé que le prix du fonds de commerce car il y a reprise des dettes et des engagements). Plusieurs méthodes d’évaluation existent. Il est tout à fait possible de les croiser pour obtenir une estimation :

- Les méthodes dites « patrimoniales »
Elles visent à évaluer les actifs de l’entreprise (ce qu’elle possède) et à en soustraire la valeur de ses dettes pour obtenir l’actif net. 

- Les méthodes dites « de rendement »
Elles permettent d’estimer la capacité de l’entreprise à dégager des bénéfices futurs puis à en évaluer sa valeur, en tenant compte du risque de non-réalisation de ces bénéfices. Cette méthode présente l’avantage d’être utilisable à la fois par le cédant, en se basant sur l’historique qu’il peut projeter dans le futur, et par le repreneur, en se basant sur la rentabilité future espérée de l’entreprise. 

- Les méthodes dites « comparatives » 
Elles mettent en perspective l’entreprise avec d’autres entités, présentant un profil similaire, et dont la valeur de transaction est connue. Cette méthode est particulièrement adaptée à des cessions de commerce pour lesquelles il existe un barème officiel ou des références sur le secteur/marché. 

Fixer un prix d’achat indicatif

Le croisement des différents paramètres étudiés au cours des diagnostics permet de dégager non pas un prix d’achat ferme mais une estimation, négociable avec le cédant. Statistiquement, les experts s’accordent à dire que le prix de rachat d’une entreprise est compris en moyenne entre 1,5 à 2 fois le résultat net de l’entreprise. A vous de jouer et de convaincre le cédant de finaliser la transaction au juste prix, pour vous comme pour lui.